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Le Président Macky SALL en quête de VISION PROSPECTIVE - Sénégal 2035

Posté par: Momar Idrissa NDIAYE| Vendredi 20 juillet, 2012 08:16  | Consulté 2831 fois  |  0 Réactions  |   

ETUDE PROSPECTIVE – Sénégal 2035 / EDUCATION

(Le Président Macky SALL en quête de VISION PROSPECTIVE !)

 

Les Sénégalais aiment-ils le travail ? Ils devraient l’aimer, car notre pays est à construire. L S SENGHOR : « Sénégalais debout ». A DIOUF : « Rien ne sera plus comme avant». A WADE : « Il faut travailler… encore… et… toujours… ». M SALL « La rupture ? ». Ainsi s’exprimaient quatre Chefs d’Etat à l’aube de leur accession à la magistrature suprême. Depuis lors, le mauvais rapport des sénégalais au travail n’a guère évolué. Je suis contre la grève générale, contre la grève illimitée et très réservé sur le service minimum. Par ailleurs le Sénégal n’ayant pas encore atteint la scolarisation universelle, n’assure de ce fait qu’un service minimum dans l’éducation et la formation. Cette situation n’épargne, ni les enfants scolarisables, ni même les nouveaux bacheliers laissés en rade jusqu’en Juillet 2012. Le défi spécifique reste la pacification et la stabilisation de l’espace scolaire et universitaire. Ensuite vient le défi global de la valeur travail, dans un nouveau rapport résolument tournée vers la productivité.

 

1°) Grèves des élèves et des étudiants

Le droit de grève appartient à la législation du travail, donc ne régit que les travailleurs. Les élèves et étudiants n’ont pas, au sens strict, le droit de grève. S’il leur arrive d’aller en mouvement, ils s’appuient surtout sur le rapport de force en leur faveur. Aussi faut-il constater que dans ce cas précis, la force soumet le droit à sa volonté. La loi d’orientation de l’éducation et tous les règlements intérieurs des structures scolaires et universitaires font clairement mention de l’obligation de présence. Totale ou partielle, la présence est partout une condition de maintien ou de validation des acquisitions.

 

2°) Scolarisation obligatoire :

Pour les enfants de moins de seize ans (écoliers et collégiens), la scolarisation est déjà une obligation dans les textes. Tous les manquements devront être sanctionnés graduellement par l’exclusion temporaire, l’annulation de l’inscription, voire l’exclusion définitive. Cependant, on gagnerait à mieux intégrer les parents d’élèves regroupés en association (APE) dans une gestion participative. La dynamique de groupe est plus performante que le pilotage solitaire, source de bien de problèmes internes ou externes. Prendre les parents, partenaires, comme interlocuteurs à la place des élèves mineurs procède d’une démarche responsable. Par ailleurs le choix des responsables de classe et ceux des « FOSCO » doit reposer sur le critère de performance. Seuls, les élèves ayant une moyenne supérieure ou égale à 14/20 devraient pouvoir postuler.

 

3°) Statut de travailleur :

Donner, le statut de travailleur, aux étudiants dont une bonne partie bénéficie de sursis à l’incorporation et de financements publics ou privés (Etat, institution, famille, soutien et autofinancement). Ce n’est pas du tout une simple manipulation destinée à faire baisser les statistiques du chômage. Il s’agit d’une démarche purement citoyenne, qui renforce la maturité des étudiants dans leurs prises de décision : La décision est un exercice de responsabilité. Evidemment, les obligations relatives aux travailleurs (notamment en matière de grève) leurs seront dès lors applicables. Les étudiants sont des professionnels de l’apprentissage. Il est urgent de leurs ouvrir l’accès au crédit à taux zéro pour financer les études de leurs choix. Ce procédé devrait :

Ø Changer avantageusement le rapport des étudiants aux études, désormais financées par une subvention remboursable ;

Ø Changer nécessairement leur rapport au travail, les remboursements intervenant dès l’exercice du métier.

Toutefois, la suppression de la généralisation des bourses ou aides aux étudiants est une bombe sociale. Son explosion sèmera partout chaos, sang et désolation. Attention, le gouvernement des banquiers Abdoul MBAYE et Amadou KANE devra chercher d’autres secteurs pour ses réductions de dépenses budgétaires : l’avertissement est sans équivoque. L’ouragan fera oublier le 23 Juin 2011 ! Si d’aventure le gouvernement faisait fixation sur cette question, alors il tomberait du fait de la révolte estudiantine. A défaut, la majorité plurielle secouée refera son unité autour d’une censure gouvernementale bien méritée.

 

4°) Obligation contractuelle :

Le bouclage des programmes dans les délais impartis est incontestablement un des piliers fondateur d’un enseignement de qualité. Mieux, c’est une obligation qui doit être largement prise en compte dans l’attribution de la note administrative annuelle. Ainsi avancement de grade et carrière professionnelle se feront au rythme de la progression en classe. Par ailleurs, le respect du quantum horaire est incompatible avec la grève récurrente. L’évaluation en général et la correction dans les jurys d’examen en particulier sont également obligatoires. L’Etat doit garantir l’accès, la continuité et la qualité du service public, il lui revient d’en trouver les mécanismes opérationnels. Rendre tout simplement obligatoire, le travail dans la première demi-journée (avant la pause) participe d’une bonne distribution de justice entre les enseignants et la nation (Etat, Parents d’élèves, Apprenants, tous). Cette mesure peut être généralisée à tous les secteurs publics et privés d’intérêt général.

 

5°) Droits syndicaux :

Cela ne va pas nécessairement à l’encontre des droits syndicaux, qui devraient être également renforcés. Par exemple, les syndicats de travailleurs devraient pouvoir attaquer en justice leur employeur et même faire saisir ses comptes et/ou ses biens pour exécuter des paiements de salaire ou pour honorer des avantages durement acquis. Les carences de l’employeur méritent le redressement. Donner plus de moyens de recours aux organisations de travailleurs, c’est leur permettre de dépasser certaines contradictions, sans recourir systématiquement à la grève. Bien entendu, la réforme du statut général de la fonction publique et/ou code du travail sera le fruit d’un long processus de négociation avec tous les acteurs intéressés. Chaque parti pourra faire valoir ses droits et préserver ses intérêts.

 

Pour terminer, soulignons la succession vertigineuse des responsables à la tête des départements de l’éducation et de la formation qui ne laisse guère le temps aux initiatives de prospérer. Les services centraux et les services déconcentrés ont besoin de vision à long terme, déclinée en loi d’orientation, en politique sectorielle, en programmes et enfin en référentiels métiers dans une approche pédagogique par les compétences. Les futurs cadres à l’horizon 2035 sont déjà à la porte de la « Petite enfance ». En 2055 ils seront déjà obsolètes, leur seule satisfaction sera de laisser derrière eux un Sénégal émergent.

M. Momar Idrissa NDIAYE, Professeur LETFP / Thiès

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Momar Idrissa NDIAYE
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