Seneweb.com Accueil |   Gerer ce blog   

Réponse à la Secrétaire d’Etat américaine Mme Hillary Clinton

Posté par: Momar Idrissa NDIAYE| Lundi 06 août, 2012 04:44  | Consulté 1379 fois  |  1 Réactions  |   

Réponse à la Secrétaire d’Etat américaine

Mme Hillary Clinton

 

 

Hillary CLINTON

« Si quiconque doutait que la démocratie pouvait prospérer en Afrique, qu'il vienne au Sénégal, a-t-elle déclaré. Les Américains admirent le Sénégal comme l'un des seuls pays d'Afrique de l'Ouest qui n'a jamais connu de coup d'Etat militaire ». « Merci au Sénégal d'être un modèle pour la région ».

 

SenPOLITIK

Coup d’Etat institutionnel :

Sénégal, un « modèle » du désert !

Rappelons qu’en 1963, le Président SENGHOR a brillamment conclu sa reprise en main. En effet en 1962 le Parlement, sous la conduite de Maître Lamine GUEYE, mettra courageusement un terme aux manœuvres du Président du Conseil Mamadou DIA ; puis s’effaça fort curieusement. A la faveur des pleins pouvoirs, SENGHOR instituera un régime hyper-présidentialisé taillé sur mesure : Ce passage du régime parlementaire au régime présidentiel est en fait le premier coup d’Etat institutionnel du Sénégal indépendant. Suivra l’année 2001 qui verra le Président WADE déposer le Parlement (encore lui) au détour d’une réforme constitutionnelle conçue à cet effet. Quant au Président DIOUF (1981-2000) il se sera contenté de débarquer deux (2) Présidents de l’Assemblée nationale et un (1) Président de la Cour suprême. Bravo ! Nous pouvons bien excuser la Secrétaire d’Etat américaine Madame Hillary CLINTON. « Yes We Can » ! Vous ignorez les subtilités de la jeune démocratie sénégalaise et votre cher modèle sénégalais devra se surpasser. Maintenant notre cours d’histoire politique peut reprendre ses droits à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, enseigné par nos Professeurs émérites. Repartie loin des Ethiopiques avec son discours rêveur, Mme CLINTON devrait certainement savoir qu’il est facile de briller devant l’anti-modèle Sékou Touré, crieur de gloire nègre dans les oreilles macabres du camp BOIRO.

 

 

Hillary CLINTON

"L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes", avait déclaré le président américain. Selon Hillary Clinton, "le Sénégal a prouvé que cela est vrai".

 

SenPOLITIK

1e Fragilisation de l’Institution judiciaire :

La déclaration de patrimoine a révélé que SMS est devenu multimilliardaire pendant le régime de l’alternance. L’enrichissement sans cause (sur les fonds politiques) brandi par ses anciens frères du sopi, n’a pas reçu le démenti attendu. Considérer que l’enregistrement de la déclaration de patrimoine est  un quitus de bonne conduite, délivré par le Conseil constitutionnel n’est rien de moins qu’un outrage. La première juridiction n’est-elle pas à l’opposé d’une « vulgaire » officine de blanchissement d’argent ? Espérons que le Conseil constitutionnel dont la réforme est envisagée pourra enfin se prononcer sur la validité des actes (déclaration de patrimoine), leur sincérité et conformité avec les lois de la république (notamment la loi sur l’enrichissement illicite). La république veut qu’on donne du sens aux actes posés. Servir et non se servir. L’institution d’un pouvoir judiciaire fort et indépendant est une exigence de bonne gouvernance et de gestion éthique des biens publics. Sénégalais debout, un autre Sénégal est possible !

 

SenPOLITIK

2e Disqualification de l’Institution parlementaire :

Les quatre (4) conseils des ministres décentralisés dans les régions Saint-Louis, Kaolack, Ziguinchor et Diourbel ont enregistré la multiplication de promesses d’investissement. Soit un total cumulé de près de mille (1000) milliards sur trois années budgétaires, le tout sans l’adoption de la moindre loi de finance par le Parlement dépositaire de la souveraineté populaire. Stipulation explicite de la Constitution sénégalaise dont le respect est au cœur de la prestation solennelle de serment du Président élu. Une fois installé, c’est trop facile de dire que son Gouvernement nommé avant n’est responsable que devant une Assemblée nationale élu bien après. Et qu’entre-temps l’Exécutif s’approprie le Pouvoir législatif. Un parfum de coup d’Etat institutionnel, troisième du genre : Dissolution avortée, Boycott suivi et Pleins pouvoirs de fait ! D’ailleurs le communiqué du Conseil des ministres du 02 Août 2012 est venu consacrer ce putsch, car le Président SALL a demandé au Premier ministre que compte lui soit rendu dès le mois de septembre de l’état d’exécution des mesures illégales adoptées par les Conseils décentralisés. Son forfait accompli, le Gouvernement peut savourer les vacances et renvoyer la 12e législature à ses charmantes études de rupture !

 

 

Hillary CLINTON

Stratégie de la diplomatie américaine au Sénégal et en Afrique : "Renforcer les institutions démocratiques, stimuler la croissance, faire avancer la paix et la sécurité, promouvoir les possibilités et le développement".

 

SenPOLITIK

Territorialisation des Politiques publiques :

Evoquée par le Président SALL à Ziguinchor, la « Territorialisation » ne devrait être rien de moins qu’un parachèvement de la décentralisation mettant toutes les énergies à contribution. Changer de paradigme et s’inscrire résolument dans la gestion territoriale de proximité sont des impératifs de développement. L’Exécutif central a la seule et entière responsabilité de pourvoir aux besoins de ses propres démembrements que sont les divisions administratives. En consacrant un tiers (1/3) du budget public d’investissement au développement territorial, le nouveau gouvernement donnerait plus de sens à l’orientation budgétaire. L’essentiel n’est pas seulement dans le ratio, mais surtout dans la recherche d’un mécanisme opérationnel de financement du développement national équilibré territorialisé. Attention, la territorialisation est une exigence de la nouvelle citoyenneté. Au Sud l’enclavement et le conflit casamançais trentenaire, à l’Est les émeutes de Kédougou sur fond d’exploitation minière et au Nord la révolte de Fanaye contre la boulimie foncière, sans compter les premières frustrations issues des phosphates de Matam : Le Sénégal (j’allais dire) joue réellement son avenir. La province (faut-il le dire) a parfois le sentiment d’être victime de l’exclusion au profit d’un « Sénégal-utile », autour de l’axe Dakar-St Louis. C’est à la territorialisation qu’il revient de briser l’hyper-concentration côtière. Au-delà des aspects politiques et économiques, il y aura de sérieuses implications, tant sur la sécurité intérieure, que sur la défense nationale. Il est impérieux de prendre l’avis du Conseil de sécurité intérieure. D’autant plus que la Casamance (choisie pour le lancement) est une région naturelle sénégalaise coincée entre deux (2) pays étrangers dont le soutien fait souvent l’objet d’un chantage diplomatique. Cette sorte de discontinuité territoriale entre le nord et le sud du pays est un défi hautement stratégique. C’est ce qui valut à la Casamance une administration particulière par l’autorité coloniale française. L’abbé Diamacoune SENGHOR se sera vite engouffré dans la brèche pour revendiquer une indépendance, consacrée d’après lui par le fait colonial. La domination politico-religieuse mandingue, l’impérialisme français et les abus en tout genre ont eu raison du pacifisme diola. La paix est une spécificité culturelle diola. Toute réorganisation du commandement territorial doit être articulée avec les impératifs sécuritaires et de défense nationale. Aussi le Chef suprême des armées doit-il prendre toute la mesure du haut commandement, notamment dans ses aspects politiques, diplomatiques et stratégiques : l’indivisibilité du territoire national  est en jeu. Le triomphe de la paix en Casamance devra passer par des négociations non-stop embrassant tous les aspects de la crise, tant avec les ailes intérieures qu’extérieures, tant avec les factions militantes que combattantes du Mfdc. Il n’y aura, ni statu quo, ni retour à la situation antérieure. Aux négociations sans préalables, ayons le courage-politique d’inscrire toutes les questions. Le Gouvernement, tout comme le Mfdc, a droit à sa position-de-départ. Seules des concessions réciproques consacreront la paix définitive. « Autonomie » de gestion ou « indépendance », l’Etat sénégalais réaliste devra accepter que le Mfdc s’unifie autour d’un slogan mobilisateur enthousiaste.

 

 

Au total Madame la Secrétaire d’Etat américaine Hillary CLINTON votre visite éclair est intervenue dans une sous-région en pleine crise.La succession d'alertes réelles ou virtuelles méritait beaucoup plus d’attention. La fonction de veille, d’investigation et d’anticipation est plus que nécessaire dans cette atmosphère de folles rumeurs putschistes dans la sous-région. La géopolitique ouest africaine marquée par les conflits bissau-guinéen, casamançais et malien est lourde de danger. Un risque d’explosion fortement accru par la casse de l’arsenal libyen. Seule une réponse mondiale, dans le cadre d’une approche stratégique globale, pourra venir à bout du terrorisme dans le nord malien et plus fondamentalement dans le sanctuaire saharien. Si les hommes politiques peuvent facilement se coucher devant un matelas de dollars, l’intellectuel lui doit rester debout pour témoigner jusqu’à la limite permise. Que Dieu bénisse l’Amérique et nul autre pays ! Ce n’est pas moi, Honorable Secrétaire d’Etat Hillary CLINTON.

Bonne  LAYLATUL-QADR !

SenPOLITIK

M. Momar Idrissa NDIAYE, Professeur LETFP/Thiès

http://momaridrissa.seneweb.com/

 L'auteur  Momar Idrissa NDIAYE
Une faute d'orthographe, une erreur á signaler ? Une précision á apporter ? Ecrivez moi avec votre info ou votre correction et en indiquant l'url du texte.
Commentaires: (1)
 Ajouter mon commentaire    Afficher les commentaires
Aidez-nous à modérer les commentaires en nous signalant les insultes. Merci de votre collaboration.
Ousmane En Août, 2012 (17:29 PM) 0 FansN°:1
bravo pour la profondeur des reflexions.et toujour un plaisir de te lire.
bonne continuation.
tu sais momar les africains doivent quand meme se resaisir a mon sens facilement ils stupefait a voir une personnalite debarquee et hop il a dit ceci ou cela , le senegal est d'accord avec l'amerique , le president sera recu, le mca va fonctionner, obama va venir , fabius est passe,hollande sera la bientot momar es-ce que un peuple peut vivre de cela arretons et donnons nous les moyens de nos politiques de developpement je crois que c'est plus pertinent comme demarche.esayons avec nos moyens de regler nos problemes primaires ( sante , education,agriculture etec..............)

Ajouter un commentaire

 
 
Momar Idrissa NDIAYE
Blog crée le 10/07/2012 Visité 763185 fois 45 Articles 5434 Commentaires 59 Abonnés

Posts recents
LETTRE OUVERTE A Me ABDOULAYE WADE !
FIN DE CHRONIQUE POUR LE BLOG SenPOLITIK !
LES VOLEURS DE LA RÉPUBLIQUE !
BLANCHISSEMENT D’ARGENT AU SÉNÉGAL : Une institutionnalisation dangereuse !
ABDOU LATIF COULIBALY PRIS EN OTAGE AU MINISTÈRE DE LA BONNE GOUVERNANCE !
Commentaires recents
Les plus populaires