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SÉNÉGAL : UNE BALKANISATION INÉVITABLE ?

Posté par: Momar Idrissa NDIAYE| Mercredi 17 octobre, 2012 19:32  | Consulté 5776 fois  |  0 Réactions  |   

 

INTRODUCTION

 

Le paradoxe géopolitique de la discontinuité territoriale est le défi existentiel majeur, jamais relevé par le Sénégal indépendant. En fait, c’est la première menace immédiate, prévisible et éprouvée sur l’unité nationale. Le Conseil de sécurité intérieure doit renseigner, guider et orienter l’action politique et diplomatique sous régionale.

 

 

1°) UN ÉTAT SÉNÉGALAIS, DEUX « TERRITOIRES » :

(L’Obstacle Gambien)

 

La Tenaille Gambienne coupe littéralement l’État Sénégalais en deux parties, délimitées :

·       Par la Gambie et la Mauritanie au Nord ;

·       Par la Gambie et les deux Guinée au Sud.

Entre les deux, le territoire étranger de la République de Gambie, dont les tracasseries ont valeur de blocus permanent : L’embargo est un acte de guerre !

 

Préserver l’intégrité territoriale, organiser la défense nationale, assurer la sécurité intérieure et surtout réaliser les conditions nécessaires à la circulation des personnes et des biens : Tels sont les défis géopolitiques amplifiés par l’obstacle gambien. C’est bien la discontinuité territoriale qui a valu à la Casamance, une administration particulière par l’autorité coloniale française.

 

L’État Sénégalais a la double responsabilité :

·       Du respect de ses engagements relatifs aux libertés politiques, économiques, sociales et culturelles ;

·       De la réalisation des objectifs de développement équilibré à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues.

Tout l’effort de construction nationale lui incombe en particulier.

 

Dès les premières années d’indépendance, les Honorables Députés Daniel Kabou, Emile Badiane et Ibou Diallo ont réclamé à cor et à cri des routes, encore des routes, pour le désenclavement de la région naturelle de Casamance : Il n’y avait rien en face !

 

Leurs collègues répliquaient que la Casamance n’avait pas besoin de routes, mais plutôt d’écoles. Aussi ajoutaient-ils avec un humour teinté de mépris : « Les élus de cette région sont les seuls en circulation automobile, sinon toute la population roulait à vélo ».

 

 

2°) DÉFI MINIMAL D’INTÉGRATION ÉCONOMIQUE :

(Vers le réalisme Sénégambien)

 

Seule une solution globale sénégambienne peut relever et vaincre le défi de la discontinuité territoriale qui fait de la Casamance, une région naturelle sénégalaise coincée entre deux (2) pays étrangers. L’intégration des réseaux de transport avec la république sœur de Gambie est un impératif de politique gouvernementale.

 

Notons au passage que, la libre circulation des personnes et des biens n’autorise pas du tout le Sénégal à détourner gratuitement son volumineux trafic Nord-Sud sur la Gambie. Quid de la dégradation des routes et de l’environnement. Quid des problèmes sécuritaires et sanitaires intimement liés au transport.

 

Peut-on édifier un seul ouvrage de franchissement du fleuve si les intérêts économiques vitaux de la République de Gambie ne sont pas préservés, voire même confortés ? Ce que nous appelons « tergiversations de la partie gambienne » ne résultent que de la nécessaire défense  de ses multiples avantages.

 

À Baba Tenda et à Yelli Tenda, toute l’économie locale organisée autour de la traversée par le bac serait anéantie. Au-delà de la perte de recettes fiscales, il y a le coup social : des milliers d’emploi dans le commerce, la restauration, le change et le juteux transport par étape. Vraiment, aucun gouvernement à Banjul n’envisagerait sérieusement de se sacrifier pour le bon plaisir du Prince-Sénégalais : Un véritable suicide politique et économique !

 

Les Sénégalais devront courageusement payer plus pour bénéficier durablement de leurs deux (2) véritables avantages comparatifs :

·       Préserver et renforcer le gain de temps réel ;

·       Développer et maintenir le confort potentiel, la qualité de la transgambienne étant désastreuse.

 

Il faut sortir du misérabilisme ambiant. Une autoroute à péage transgambienne, de deux (2) ou trois (3) voies, sur une longueur d’environ 25 km de Farafenni à Soma. Doublée d’une ligne de chemin de fer et tous les deux construits suivant le procédé B.O.T, ces infrastructures pourraient satisfaire, à la fois, la mobilité sénégalaise et les légitimes préoccupations fiscales gambiennes. Toutefois les deux États devraient solidairement supporter financièrement l’inévitable coup social résultant de la construction d’un pont fixe sur le fleuve Gambie.

 

 

CONCLUSION

 

Le Sénégal est né handicapé par la cruelle discontinuité territoriale, dont la non-prise en compte, finit par menacer durablement la sécurité intérieure et dangereusement l’unité nationale. En effet le déficit de bonne gouvernance dans les affaires publiques a trouvé en Casamance enclavée, le terreau fertile d’un conflit déjà trentenaire. S’y ajoute la faiblesse des élites intellectuelles, plus aptes à reproduire des modèles exogènes, qu’à produire véritablement une pensée politique. Quid de la classe dirigeante, qui ne serait « intéressée que par la femme et l’argent », dans ses déplacements à Banjul ? Ce n’est pas moi ! Cependant j’assume toutes les provocations. Les promesses non tenues des indépendances accéléreront le repli communautaire dans un passé historique glorieux commun aux trois (3) "B" (Banjul, Bindiona et Bissau) : Un espace naguère sous domination politique, culturelle et religieuse mandingue. ALBARKA ! Ni amitié-Senghorienne, ni diktat-Dioufien, ni ruse-Ndiomborienne, le Sénégal devra établir ses relations internationales sur la base durable d'un partenariat gagnant-gagnant. S’il y a au Sénégal un problème de leadership politique, doublé d’un déficit en ressources humaines de qualité (trop souvent confondues avec le potentiel humain des 12 millions de Sénégalais) ? Alors, je continuerai à dire :

BYE-BYE SÉNÉGAL,

Une Disparition Programmée !

MBOKA YAYA JAMMEH KAY HELP-MA FI SOME !

 SenPOLITIK

M. Momar Idrissa NDIAYE, Chroniqueur

 

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 L'auteur  Momar Idrissa NDIAYE
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Momar Idrissa NDIAYE
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